En bref : La bugrane (genre Ononis) est une herbe ou un petit arbrisseau de la famille des fabacées aux fleurs papilionacées. En Tchéquie poussent 3 espèces, la plus courante étant la bugrane épineuse. Seules les espèces d'ornement ont leur place au jardin ; on les cultive au soleil, en sol plutôt pauvre, caillouteux à calcaire, avec un arrosage faible.
| Nombre d'espèces | environ 70-75 dans le monde, 3 en Tchéquie |
|---|---|
| Famille | fabacées |
| Espèce la plus courante chez nous | bugrane épineuse (Ononis spinosa) |
| Hauteur | 35-120 cm selon l'espèce |
| Emplacement | ensoleillé, sec, calcaire ou caillouteux |
| Floraison | juin-août, fleurs papilionacées |
La bugrane est un genre d'herbes et de petits arbrisseaux de la famille des fabacées, appelé en tchèque d'après les épines dures dont sont pourvues bien des espèces. On en compte dans le monde environ 70 à 75, et c'est dans la péninsule Ibérique, leur principal centre de diversité, que l'on trouve le plus d'espèces.
En République tchèque poussent trois espèces : la bugrane épineuse, la bugrane rampante et la bugrane des champs. En dehors de l'Europe, le genre se rencontre aussi en Afrique du Nord, en Asie Mineure, dans le Caucase et au Proche-Orient. Ce texte décrit comment reconnaître les différentes espèces, où elles poussent chez nous et comment cultiver éventuellement les espèces d'ornement au jardin.
Bugrane épineuse (Ononis spinosa)
C'est l'espèce la plus courante et la plus connue chez nous, un sous-arbrisseau atteignant environ 60 centimètres, exceptionnellement jusqu'à 120 centimètres. Elle a des fleurs papilionacées roses et de désagréables épines dures, à cause desquelles elle est indésirable dans les pâturages.
Elle pousse dans les prairies sèches, les pâturages, les pentes buissonneuses, les friches et le long des remblais de chemin de fer, de préférence dans des endroits chauds, en sol contenant du calcaire. Elle fleurit de juillet à août.
Bugrane rampante et bugrane des champs
La bugrane rampante atteint environ 70 centimètres et pousse comme la forme épineuse autour des chemins, dans les pâturages et en sol caillouteux, mais, contrairement à elle, elle n'a pas d'épines aussi marquées et ses tiges rampent plutôt au ras du sol.
La bugrane des champs se rencontre chez nous surtout dans la partie centrale et sud-est du territoire et fait partie des espèces menacées de notre flore ; elle ne doit donc être ni cueillie ni transplantée depuis la nature. Si vous la rencontrez en promenade, le mieux est de la laisser sur place et de la photographier seulement.
Les trois espèces de chez nous ont de remarquables fleurs papilionacées typiques de la famille des fabacées, semblables à celles du pois ou de la coronille, mais en plus petit. Un caractère du genre est en outre la feuille trifoliolée et, chez bien des espèces, les épines sur les parties plus âgées de la tige.
Autres représentants du genre dans le monde
En dehors de la Tchéquie, on rencontre en Europe et autour de la Méditerranée encore bien d'autres espèces, qui diffèrent par la hauteur, la couleur de la fleur et les exigences d'emplacement.
| Espèce | Hauteur | Répartition |
|---|---|---|
| Bugrane du mont Cenis (Ononis cenisia) | jusqu'à 35 cm | Alpes du sud-ouest |
| Bugrane arbustive (Ononis fruticosa) | jusqu'à 60 cm | ne supporte pas le gel, convient à une rocaille ensoleillée |
| Ononis viscosa | jusqu'à 40 cm | altitudes plus élevées, fleurs jaunes |
| Bugrane à feuilles rondes (Ononis rotundifolia) | jusqu'à 40 cm | fleurit juin-septembre |
| Ononis pubescens | jusqu'à 45 cm | talus et pentes, finement poilue |
Culture des espèces d'ornement au jardin
Certaines espèces de bugrane peuvent se cultiver comme vivaces d'ornement ou sous-arbrisseaux, surtout dans une rocaille sèche ou dans la partie naturelle du jardin. Un emplacement ensoleillé et un sol limoneux caillouteux, plutôt pauvre, leur conviennent ; l'excès d'eau comme un sol riche et trop fertilisé ne leur réussissent pas. Elles supportent bien aussi la chaleur estivale et les longues périodes sans pluie, si elles ont un support suffisamment drainant.
- Choisissez un endroit en plein soleil, avec un sol bien drainant, caillouteux ou calcaire.
- Semez au printemps, ou plantez un plant élevé au préalable.
- N'arrosez que modérément, surtout la première année après la plantation.
- Ne fertilisez pas trop : un sol riche conduit à une croissance clairsemée et couchée.
- Protégez pendant l'hiver les espèces moins rustiques, comme la bugrane arbustive, par exemple avec une couche de branches de conifères ou de feuilles au pied de la plante.
La bugrane s'associe bien aussi à d'autres vivaces de terrain sec et à de petits arbustes dans un massif de gravier, où ils forment ensemble une composition peu exigeante, sans besoin d'arrosage ni de fertilisation régulière.
Maladies et ravageurs
La bugrane fait partie des plantes peu exigeantes et rustiques, et les maladies ou ravageurs sérieux n'y apparaissent pas. Les problèmes éventuels tiennent le plus souvent à l'excès d'eau ou à un sol trop fertile, jamais à une attaque d'insectes. C'est justement pourquoi la bugrane convient aussi aux endroits où d'autres vivaces ne réussissent pas à cause de la sécheresse ou d'un sol pauvre.
Grâce aux épines de certaines espèces, la bugrane n'est en outre guère un pâturage apprécié des animaux, ni broutée par le gibier, ce qui en fait, dans un emplacement adapté, une plantation durablement peu exigeante et sans entretien.
Usage traditionnel de la racine
La racine de la bugrane épineuse était traditionnellement utilisée dans la médecine populaire, mais aucun des effets supposés n'est confirmé scientifiquement aujourd'hui, et ce site n'avance donc aucune promesse de santé précise. Historiquement, les jeunes pousses de la bugrane étaient aussi mises en conserve comme les câpres, et la plante servait autrefois aussi à la teinture. Ces usages pratiques relèvent de l'histoire botanique de l'espèce, et non de recommandations pour un traitement domestique actuel.
Pour le jardinier, la bugrane est intéressante plutôt comme élément peu exigeant et résistant d'une plantation naturelle ou de rocaille que comme plante médicinale. Celui qui veut cultiver au jardin des plantes aux exigences semblables de sécheresse et de sol pauvre trouvera autour de la bugrane une bonne compagnie, par exemple le thym, la rue ou la lavande.
Si les plantes médicinales en général vous intéressent, il est toujours plus raisonnable de demander conseil à un médecin que de se fier à des conseils non étayés trouvés sur Internet.
Questions fréquentes
La bugrane est-elle la même chose qu'un conifère ?
Non, c'est une tout autre plante. La bugrane (genre Ononis) est une herbe ou un petit arbrisseau de la famille des fabacées, alors que les conifères forment un groupe distinct d'essences, comme l'épicéa ou le pin.
La bugrane (la plante) a-t-elle un rapport avec le poisson appelé « jehlice » en tchèque ?
Non, ce n'est qu'une coïncidence de noms. Le poisson au corps allongé s'appelle en tchèque « jehlice » (le syngnathe, aussi appelé aiguille de mer) ; botaniquement, il n'a rien de commun avec la plante du genre Ononis, c'est purement une coïncidence de noms tchèques.
Pourquoi la bugrane s'appelle-t-elle « jehlice » en tchèque ?
Le nom renvoie aux épines dures et acérées dont sont pourvues bien des espèces, surtout la bugrane épineuse. Ces épines font de la plante une mauvaise herbe indésirable dans les pâturages, car les animaux préfèrent l'éviter.
Toutes les espèces de bugrane sont-elles protégées en Tchéquie ?
Non, c'est la bugrane des champs qui est protégée et menacée. La bugrane épineuse et la bugrane rampante font partie des espèces plus courantes et non protégées de notre flore.
Peut-on cultiver la bugrane dans un massif ordinaire de vivaces ?
Plutôt non, elle a besoin de conditions plus sèches et plus pauvres que celles d'un massif ordinaire, régulièrement arrosé et fertilisé. Elle réussit mieux dans une rocaille, un massif de gravier ou un muret de pierres sèches, où elle trouve à la fois appui et drainage suffisant.
La bugrane épineuse a-t-elle une action sur la santé ?
Dans la médecine populaire, on lui attribuait traditionnellement des effets, mais aucune de ces affirmations n'est solidement confirmée scientifiquement ; ce site ne les présente donc pas comme un fait.
Sources
Mis à jour : 10/10/2026